RomanLa Disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

La Disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

S’il y a une chasse à l’homme qui a intéressé le monde de l’après-guerre, c’est bien celle de Josef Mengele, l’ange de la mort, dont l’escalade constante dans la cruauté, la monstruosité sadique, la capacité à commettre des atrocités, ne cesserade croître tout au long de sa sinistre carrière.

Mengele, l’homme qui a pactisé avec le diable et qui a mis toutes ses forces au service de la pureté de la race et du développement de la force créative du sang aryen. Mengele qui, comme ses comparses criminels, a adhéré à une idéologie le protégeant de la modernité du monde, du moins le croyait-il en l’amenant à commettre les pires crimes contre humanité.

Après des années de récits fantaisistes construits autour de sa fuite, le livre d’Olivier Guez, retrace l’histoire de cette cavale sans fin.

‘’ Prix Renaudot 2017 : « Le voilà livré à la malédiction de Cain, le premier meurtrier de l’humanité. ’’

Comme tant d’autres de ses comparses, Mengele profitera du régime péroniste dans l’immédiat après-guerre : le monde se reconstruit et n’a plus le temps, ni l’envie, de penser au passé.

La RFA condamne le nazisme mais réintègre ses cadres et ses hommes de mains dans la société, dédommage les juifs mais laisse les assassins vaquer à leurs occupations en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.

Profitant du temps qu’a mis le monde à se réveiller, et se rendre compte des atrocités commises par les nazis, Mengele aura toujours une longueur d’avance sur ceux qui le traqueront. Pendant 40 ans, on le verra partout mais il s’échappera toujours de justesse.

Sa plus grande punition aura été celle d’avoir été traqué comme une bête, l’obligeant à changer constamment de domicile. Vivant d’abord dans l’opulence des grands dignitaires allemands, profitant du régime de Peron avant de terminer dans la misère absolue, dévoué à une famille de Tenardiers modernes.

Ce couple, tout en profitant du monde nouveau pour s’enrichir, ne cesse de l’ exploiter financièrement et moralement en l’hébergeant chez lui pendant des années. Toute sa vie, et jusqu’à son dernier souffle, Mengele pleurera un monde perdu, englouti, une Allemagne nazie déchue de ses droits, sans jamais éprouver, ne serait-ce qu’une seule fois, le besoin de se repentir.

C’est cette vie qui nous est contée dans le livre d’Olivier Guez

‘’ Une vie figée dans un bourdonnement incessant, dans l’alternance des saisons sèches et humides, les ouragans , les chaleurs hermétiques… Une vie à ruminer sur une Allemagne au passé soit disant glorieux et qui n’existe plus. ’’

Une vie en Argentine d’abord, puis au Paraguay et enfin au Brésil, vaste pays où le métissage des cultures est courant, un métissage qu’il honnit.

Ce qui a fait, pour moi, l’intérêt de ce livre, est la façon dont l’écrivain s’approprie les pensées de MengeleIl n’a cessé de se lamenter sur son sort d’animal traqué, se sentant victime et non pas criminel.

Avec le temps, il assistera, impuissant, à la naissance d’un monde nouveau qui finira par le dénoncer en lui retirant sa nationalité, ses droits, en le poursuivant sans relâche. Jusqu’à lui retirer, en 1964, ses titres de docteur en médecine et en anthropologie. Il en sera anéanti. Ce livre est très bien écrit.

Après une première partie factuelle, retracée avec une minutie d’entomologiste, dans la seconde, où le documentaire n’a plus sa place, Olivier Guez fait, petit à petit, entrer le lecteur dans la tête d’un homme à l’égo sur dimensionné, totalement mégalomane, et paranoïaque.

A lire

Lire a toujours été ma passion. Raconter des histoires, partager des récits avec les gens que j’aime… Suite à de nombreuses demandes, j’ai décidé de créer ce blog afin de vous faire partager mes coups de coeur.

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