"Et en quoi, cela consisterait-il, de dire la vérité? Cela reviendrait à être fidèle à l'essence même de la vie. Cela reviendrait à capter, si impossible que ce fût, la sensation d'être en vie".

February 8, 2017

C’est un livre particulier que je tenais à vous présenter cette semaine.

 

Une écriture aussi belle que la couverture de ce roman.

 

Certes, celle-ci est lente,  mais pleine de délicatesse ..

 

Riche et généreuse dans ses descriptions, elle pourrait cependant déplaire à certains

 

lecteurs.

 

Je vous l'avoue !!!!

 

Pas grand chose ne s’y passe, ce sont des états d’âme qui y sont décrits..

 

D’une rare intensité, l' histoire se déploie dans les années 20, les années d’après-guerre, 

 

Tout y est décrit avec minutie, précision.

 

C’est un monde qui n’existe plus et dans lequel on plonge avec délectation.

 

Un monde d’aristocrate, perdu à jamais,  avec ses vastes demeures victoriennes où trônent dans le

 

salon des bibliothèques imposantes avec des livres n’ayant jamais été lus,

 

c’est la campagne anglaise avec ses ciels gris plombés et ses longues promenades à

 

travers ces vastes paysages. 

 

il y a quelque chose de Jane Austen….  On croirait se retrouver face à un tableau .

 

A 23 ans , Jane Fairchild  est orpheline. 

 

Le  31 mars est le jour du dimanche des mères, et contrairement aux autres domestiques auxquels

 

leurs maîtres ont donné congé pour l'occasion, Jane n'a pas de mère auprès de laquelle se rendre et

 

passer la journée. 

 

Ce dimanche des mères de 1924 changera à jamais le cours de son existence.

 

Depuis 8 ans elle entretient une relation purement physique avec Paul Sheringham, héritier d'une

 

grande famille.

 

Une relation où il n’y a pas de place pour les bavardages… 

 

Quasi aucune parole n’est échangée entre eux …

 

C’est lui le prince qui décide de tout depuis toujours, il est libre de faire d’elle ce qu’il veut.

 

Le lecteur est confronté uniquement aux états d’âmes, aux pensées de Jane…

 

et même si la présence de Paul Sheringham, son amant, y est centrale , celui-ci n’existe  qu’à travers

 

les yeux de Jane.

 

il n’y a quasi aucun échange entre eux..

 

Alors qu’il se rhabille  après avoir fait l’amour, alors qu’elle le voit endosser cette vie qui est sienne

 

et retourner vers son monde, Paul Sheringham s’apprête à rejoindre sa fiancée pour le déjeuner .. et  

laisse sa jeune maîtresse seule dans sa demeure.

 

Il lui accorde sa maison , elle est à elle , le temps d’une journée.

 

C’est alors une parenthèse de quelques heures de pleine liberté qui s'ouvre ainsi devant elle

 

D’ailleurs que peut faire une domestique en congé en ce dimanche des mères, alors que celle-ci n’a

 

pas de famille où se rendre .

 

N'ayant aucun devoir ce jour ci , ni personne qui l’attend , Jane est plus libre que toutes les

 

autres bonnes , cuisinières, femmes de chambre,  plus libre que Paul Sheringham, lui même , qui

 

s’apprête à rendre visite à sa future epouse

 

La maison est à elle. 

 

Nue , en tenue d’Eve, sa tâche consiste à imprégner de sa présence impudique ce lieux étranger qui

 

lui devient familier le temps d’une journée

 

Paul Sheringham  s’en va vers son propre destin rejoindre sa future épouse … et cette journée va se

 

retourner comme un gant en nous montrant comment la vie peut être si cruelle et généreuse à la

 

fois …`

 

Petit livre de fiction, petit recueil sur une vie d'une jeune orpheline, laissée pour compte depuis son

 

plus jeune âge et qui grâce à son sens de l’observation et son goût de la lecture deviendra, avec le

 

temps, une écrivain de renommée…

 

Ce roman se lit rapidement le temps d’un dimanche après-midi... profitez bien !!!!!!!!

 

 

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