«Stéphane Mandelbaum aurait sans doute tout de l’artiste majeur s’il n’y avait ce renoncement qui n’oblitère pas une oeuvre, mais émet un doute, introduit une gomme, fait pencher Mandelbaum du côté du remplisseur/effaceur, celui qui, depuis l'enfance, gribouille dans l'intimité des milliers de signes, et s’échappe chaque fois qu’on veut lui organiser un brillant avenir sous forme d’exposition».

June 14, 2019

C’est par le livre de Gilles Sebban que j’ai réellement découvert le travail de Stephane Mandelbaum, artiste

 

surdoué et minable voyou, mort trop jeune en raison d’une vie dissolue qui le conduira au banditisme.

 

C’est au cours d’un de ses cambriolages qu’il a été tué.

 

J’avais déjà vu son travail, quelques dessins, perdus et soudainement retrouvés, exposés dans différentes

 

galeries, sans qu’ils permettent de discerner une véritable ligne directrice que Gilles Sebban permet de

 

découvrir. 

 

Pas de catalogue raisonné, pas de travail d’archives.

 

Rien en dehors d’une exposition au Musée Pompidou à Paris, et bientôt, une nouvelle exposition au Musée Juif

 

de Bruxelles.

 

Dans cet ouvrage, Gilles Sebban cherche à comprendre qui se cache derrière ces dessins torturés qui semblent 

 

poursuivre une narration de la violence, où les fantômes de Pasolini, Rimbaud et Bacon sont omniprésents.

 

Les bourreaux de la Shoah côtoient les symboles obsessionnels du nazisme, le tout baignant dans une

 

atmosphère pornographique, décadente et outrancière.

 

Depuis son plus jeune âge, Stéphane Mandelbaum est un enfant à problèmes, parce qu'il ne rentre pas dans le

 

moule. 

 

L’expression de l’auteur est puissante et terrible quand il dit qu’on retrouve dans les dessins de l’artiste « son

 

camp de concentration personnel ».

 

Difficile pour l’auteur d’arriver à percer le mystère Mandelbaum

 

Au travers des témoignages de ses proches, c’est toujours la même image qui m’apparaît : un homme 

 

complexe, ambivalent, dur et doux à la fois, ange et voyou, qui ne cesse d’osciller entre le bien et le mal, le vice

 

et la vertu.

 

Finalement, avec le recul, personne ne paraît véritablement comprendre la vie de cet ange déchu dont sans

 

doute la rage manifestée dans son trait de crayon, la frénésie répétitive des mêmes thèmes, témoignent le 

 

mieux de cette sensibilité exacerbée du peuple dont il est issu, sans jamais ouvertement le revendiquer dans la 

 

construction de son identité.

 

Il n’y a pas grand chose à ajouter , il n’y a plus qu’à aller voir l’exposition de Bruxelles afin de se faire une

 

opinion sur l’homme et l’oeuvre qui méritent de ne pas retourner à l’anonymat dans lequel il est tenu depuis près

 

de 30ans .

 

 

 

 

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