«Stéphane Mandelbaum aurait sans doute tout de l’artiste majeur".


C’est par le livre de Gilles Sebban que j’ai réellement découvert le travail de Stephane Mandelbaum, artiste

surdoué et minable voyou, mort trop jeune en raison d’une vie dissolue qui le conduira au banditisme.

C’est au cours d’un de ses cambriolages qu’il a été tué.

J’avais déjà vu son travail, quelques dessins, perdus et soudainement retrouvés, exposés dans différentes

galeries, sans qu’ils permettent de discerner une véritable ligne directrice que Gilles Sebban permet de

découvrir.

Pas de catalogue raisonné, pas de travail d’archives.

Rien en dehors d’une exposition au Musée Pompidou à Paris, et bientôt, une nouvelle exposition au Musée Juif

de Bruxelles.

Dans cet ouvrage, Gilles Sebban cherche à comprendre qui se cache derrière ces dessins torturés qui semblent

poursuivre une narration de la violence, où les fantômes de Pasolini, Rimbaud et Bacon sont omniprésents.

Les bourreaux de la Shoah côtoient les symboles obsessionnels du nazisme, le tout baignant dans une

atmosphère pornographique, décadente et outrancière.

Depuis son plus jeune âge, Stéphane Mandelbaum est un enfant à problèmes, parce qu'il ne rentre pas dans le

moule.

L’expression de l’auteur est puissante et terrible quand il dit qu’on retrouve dans les dessins de l’artiste « son

camp de concentration personnel ».

Difficile pour l’auteur d’arriver à percer le mystère Mandelbaum.

Au travers des témoignages de ses proches, c’est toujours la même image qui m’apparaît : un homme

complexe, ambivalent, dur et doux à la fois, ange et voyou, qui ne cesse d’osciller entre le bien et le mal, le vice

et la vertu.

Finalement, avec le recul, personne ne paraît véritablement comprendre la vie de cet ange déchu dont sans

doute la rage manifestée dans son trait de crayon, la frénésie répétitive des mêmes thèmes, témoignent le

mieux de cette sensibilité exacerbée du peuple dont il est issu, sans jamais ouvertement le revendiquer dans la

construction de son identité.

Il n’y a pas grand chose à ajouter , il n’y a plus qu’à aller voir l’exposition de Bruxelles afin de se faire une

opinion sur l’homme et l’oeuvre qui méritent de ne pas retourner à l’anonymat dans lequel il est tenu depuis près

de 30ans .