À tous les miens.

December 4, 2019

 

Comme le titre l'énonce, « Nous étions nés pour être heureux », Lionel Duroy et les siens ont tout

 

connu.

Pendant plus de 30 ans, Ils ont survécu à toutes les histoires familiales qui les ont déchirés les uns et les

 

autres 

Dix enfants de deux parents complètement irresponsables , ça fait beaucoup de jeunes gens à élever et

 

à nourrir.

Le premier roman de Lionel Duroy, « Le Chagrin », racontait déjà la vie désastreuse qu’a menée la

 

progéniture d’un père incapable de gérer ses affaires, entraînant du même coup toute sa famille dans la

 

misère, la pauvreté, l’indignité et d’une reine-mère, hystérique, ne sachant pas faire face à la

 

réalité, méchante de surcroît, se vengeant sur ses propres enfants, et dominée par la frustration d’être

 

mariée à un homme irresponsable. 

La seule façon pour Lionel Duroy d’exorciser son mal de vivre est d’écrire.

 

Ses frères et soeurs lui en voudront beaucoup d’avoir rendu public leur histoire familiale.

 

Pendant près de 30 ans ils lui ont reproché de s’être accaparé l’histoire familiale pour finalement

 

admettre aujourd’hui qu'il est dans son droit. " Comment peut-on exister sans écrire? " 

 

"Ecrire est au contraire la plus sûre façon de ne rien rater de la vie, d’en débusquer les ressorts secrets

 

invisibles à l’oeil nu, de s’y ancrer ». 
 

Les livres de Lionel Duroy lui ont apporté un franc succès, lui permettant de trouver une forme de

 

résilience. 

 

Sensible, l'écrivain n’a cessé, durant toutes ces années, de chercher à comprendre au travers de ses

 

écrits tout ce qui lui est arrivé. 

 

Chaque évènement qui a jalonné sa vie a été décortiqué jusque dans les moindres détails afin de mieux

 

l’intégrer, de l’accepter et de vivre avec lui  

Dans ce dernier roman «  Nous étions nés pour être heureux » l’auteur retrouve ses frères et soeurs

 

après 30 ans de silence. 

 

Tout le monde a vieilli et se rend compte des années passées dans le silence.

 

Aujourd’hui, ils s’en veulent d’avoir banni leur frère, ses 3 femmes et ses enfants.

 

L’heure n’est plus aux représailles, mais à la réconciliation, à la nécessité de rattraper le temps perdu. 

 

La deuxième génération ne se connaît pas , le lien a été rompu 30 ans plus tôt à la suite du premier

 

roman de l’auteur qui réglait, selon les dires de toute la famille, ses comptes avec les siens.

 

Duroy n’avait pas le même âge que sa fratrie durant les évènements qui ont secoué sa famille, et n’en a

 

donc pas eu la même lecture.

« Chaque être étant unique et donc au moment où celui-ci écrit, ce n’est pas la vérité factuelle qu’il

 

cherche à établir, mais à restituer l’effet qu’à produit sur lui tel ou tel évènement ».

Certains comprennent enfin qu’il ne pouvait pas faire autrement qu’écrire pour survivre . 

 

C’est la question à laquelle s’attaque l’écrivain à travers ce roman.

 

Puisque la réconciliation est là aujourd’hui, Duroy se remet lui-même en question par rapport à tout ce

 

qu’il a écrit, réalisant également  le mal qu’il a fait même si tout cela a toujours été une question de survie

 

pour lui.


"Chacun a le droit d’en faire une oeuvre, te le reprocher revenait à te reprocher d’écrire sur ta propre

 

enfance. Chacun a son histoire, et la voit à sa façon».

 

Dans ce livre c’est tout le drame intérieur de l’écrivain qui est mis en evidence mais également le besoin

 

d’écrire qui peut parfois apporter pour beaucoup d’entre nous une forme de résilience 

 

 






 

 

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